Depuis le parc de la Roche d'Or

Publié le par Jean-Luc Koeppel

Hier, en deuxième partie d'après-midi, sous un ciel dégagé, la température était très douce et je mesurais la chance que nous avions de pouvoir vivre cet état de "confinement" national dans cet environnement printanier de presque huit hectares... pour nous tout seul(s)...

Il n'y a que les véhicules des infirmières, le postier et un camion de livraison alimentaire qui passent brièvement sur nos chemins durant la journée.

En face, la grande voie des Mercureaux a de bonnes plages de temps où l'on ne voit que le bitume de la chaussée, avec parfois une petite vague de trafic où, sur dix véhicules, il y en a sept qui sont des camions...

Il y a cependant l'ennemi invisible quelque part dans l’air, qui ne se manifeste que le soir, dans les bilans quotidiens des hôpitaux de tous pays dont les victimes grimpent de manière exponentielle...

Les contacts commerciaux sont eux aussi invisibles, réduits à des mails de communication ... : Cultura, Boulanger, Top Office, etc... préviennent que leurs grandes surfaces sont fermées jusqu'à nouvel ordre mais ils offrent, pour chacun de nous,  leurs achalandements spécifiques pour que nous puissions continuer de commander et d'être livrés à domicile... afin de traverser cette crise avec leurs soutiens ...

Tout le monde fait tout pour que tout se passe au mieux dans le meilleur des mondes... De quel "monde" s'agit-il ?…

Et au milieu de toute cette "poudre", il y a des drames terribles qui se jouent dans les hôpitaux, certains surchargés doivent, comme en Italie,  "choisir" les personnes à soigner aux dépens de ceux qui mourront "isolés" de leurs liens les plus chers... Ce sont des détachements terribles où la sensation d'abandon des deux côtés, (malade et proche), s'impose cruellement et intraitablement.

Savoir que l’être cher meurt seul au nom de la lutte pour que la contamination soit freinée et que soit épargnées tant et tant d'autres vies humaines...

Voilà une des conséquences de l’ennemi invisible qui tue inexorablement. Confinement-isolement-abandon.

En voilà une guerre propre : pas de coups de feu, pas de sang, pas de quartiers aux maisons éventrées, pas de paysage de ruines... Tout est nickel !

L'homicide, le jaloux donne un bon coup de dé-création mais il ne peut que rager devant ce seul lieu qui lui est inaccessible, qu'il ne peut percevoir, ni voir puisqu'il en est totalement démuni, de ce lieu du cœur où vit Jésus ressuscité qui souffle en nous son Esprit. IL a "vaincu"... et ouvert le chemin pour que nous Le suivions.

C'est de ce seul lieu que nous pouvons sortir pour la contre-attaque, pour allumer des contre-feux.
Pour cela, il s'agit de bien rester "confinés" dans la grotte, les grottes de ces habitations troglodytes de Nazareth.

« Que peut-il sortir de bon de Nazareth ?»...
- Le meilleur : 
Le Seul qui nous sauve de toutes morts ! 

Nous vivons certes, au milieu d'un beau parc, mais je ressens en moi le contraste de cette barque agitée par les vents contraires qui agitent les prés et les bois. 

C'est pourquoi, les préparer, ces sentiers et ces bois, cela m’est une manière d'allumer des contre feux pour le retour prochain des retraitants dans leur "jardin"... si important pour s'allier à la Parole donnée tout au long du jour. 

Je suis heureux que nous soyons plusieurs de la communauté à nous y être engagés concrètement en ces temps particuliers... 

Je vous garde dans ce cœur où il y a chacun de vous, où que vous soyez...

Jean-Luc Koeppel

Publié dans Au fil des jours...

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