En cette veille de la fête des Rameaux...

Publié le par le P. Olivier Sournia

Chers amis,

 

Voici maintenant près de trois semaines que nous sommes en confinement général. Nous ne cessons, jour après jour, de recueillir les lourds bilans des décès, en France et dans le monde entier, dans un grand sentiment de désarroi et de déchirement. L’inquiétude aussi gagne du terrain, parfois l’angoisse. Beaucoup parmi vous nous ont écrit, remerciant de la mise en place du blog, nous confiant en même temps la situation de tel ou telle proche, atteint(e) du virus, parfois en situation très préoccupante. C’est pourquoi, si nous ne pouvons répondre à chacun, je veux vous assurer de notre proximité et de notre prière. Nous sommes avec vous…

 

Dans quelques heures, nous entrerons dans la Semaine Sainte. C’est la première fois depuis 2000 ans que l’immense majorité des chrétiens sera dans l’impossibilité de se rassembler pour célébrer la Pâque de Jésus. Même pendant les persécutions, les chrétiens se retrouvaient, fût-ce en cachette. Jamais pareille situation ne s’est produite. Tous les prêtres célèbreront seuls, parfois face à une caméra ou autre webcam. A Rome aussi, le pape célébrera seul, dans une Basilique Saint-Pierre vide, comme était vide son immense place, vendredi dernier, alors qu’il priait et bénissait le monde entier sous une pluie battante. Ces images étreignantes et fortes restent gravées en moi comme en vous peut-être.

 

En voyant le pape, je pensais à Jésus entrant dans sa Passion : quelle solitude bouleversante… Mystère de liberté et de profonde solidarité avec tous les êtres humains, ses frères, auxquels il va manifester « l’Amour-jusqu’au-bout » de Dieu : aucun être humain n’est laissé seul, chacun est tenu dans Sa main, et « nul ne saurait l’en arracher » (Jn 10, 27-29) ! Quelle parole de réconfort… « Rien ne saurait nous séparer de l’amour de Dieu », dit saint Paul (Rm 8, 39). C’est peut-être ici notre seul appui pour traverser ces temps : quand tout semble s’effondrer, qu’est-ce qui reste pour toujours ?

 

C’est pourquoi nous voulons entrer dans cette grande semaine avec vous, accompagnés d’une parole forte et réconfortante : vous trouverez un texte de Roger, qui est un extrait de la conférence d’introduction à la retraite de la Semaine Sainte 1998, soit deux semaines après le Passage de Florin. Sa profondeur et son intensité sont bouleversantes, et d’une actualité étonnante : « Je ne vous laisserai pas orphelins (Jn 14,18). Je suis avec vous pour toujours (Mt 28,20) ». C’est avec ce texte de Roger que nous passerons ce grand « porche » d’entrée qu’est la célébration des Rameaux et de la Passion. Il nous donnera ainsi la trajectoire de grâce de la Révélation qui illuminera toute cette semaine.

 

Nous aurons également à cœur, pendant les Trois Jours Saints, de vous proposer sur ce blog une nourriture pour chaque jour. Si vous vous êtes abonnés, vous en serez automatiquement avertis. Ce sera notre manière de vivre cette Semaine Sainte avec vous. En ce qui concerne la maison de la Roche d’Or, nous pourrons célébrer ce Triduum Pascal entre nous, tout en respectant les mesures barrières nécessaires – ce que nous faisons avec beaucoup de rigueur compte tenu de la fragilité de beaucoup parmi nous –, mais c’est avec vous et pour vous que nous le vivrons, intensément unis à chacun…

 

Chers amis, laissez-moi vous redire notre présence auprès de vous, en Marie, Visiteuse des plus éloignés. Qu’elle vous garde dans sa confiance. Dans les circonstances actuelles, je vous souhaite du fond du cœur de vivre cette Semaine Sainte dans la Force toujours neuve de l’Esprit Consolateur.

 

P. Olivier Sournia