Célébrer la Semaine Sainte... rester avec Lui.

Publié le par P. Olivier Sournia

Chers amis,

Au moment de vous écrire, mes yeux guettent par la fenêtre, comme chaque matin, les premiers bourgeons des tilleuls bordant le chemin de Ste Thérèse. Si forsythias, prunus et arbustes printaniers ont déjà livré leurs premières floraisons, tilleuls et autres feuillus semblent s’attarder dans un hiver tenace. S’il n’était le chant des oiseaux dès les premières lueurs du jour, nous ne devinerions pas encore que nous avons réellement franchi l’équinoxe de la nouvelle saison, annonciatrice d’une vie victorieuse du froid et de la nuit.

Ce 23 mars, nous nous sommes rassemblés à la Clairière, autour de la tombe de Florin, 23 ans après son passage, et désormais très entouré : Michel, nous vous l'avons dit récemment, est le dernier arrivé en ce lieu paisible, et à trop y regarder, il semblerait presque que la communauté soit plus nombreuse en Ciel ! Comment ne pas y voir le signe de leur constante présence, aussi discrète qu’efficace, Florin étant le premier au travail… Notre rassemblement était simple, reconnaissant, fervent. Nous vous y avons portés dans notre prière, ainsi qu'avec vous ces 5 évêques de la Province de Besançon, réunis dans notre maison pour y vivre leur Assemblée Plénière ayant lieu habituellement à Lourdes, mais réalisée cette année en visioconférence, restrictions sanitaires obligent. Ceux-là, à l’invitation de notre archevêque, ont fait le choix de se rassembler chez nous… Nous sommes touchés de leur offrir l’espace de notre hospitalité, comme une grotte où coule une source discrète à laquelle viennent boire brebis et pasteurs…

Cette année encore, nous ne pourrons accueillir de retraitants pour la Semaine Sainte. Nous demeurons contraints de rester fermés, à l’instar des restaurants et autres établissements recevant du public. Nous espérions tant pouvoir reprendre l’accueil pour Pâques… Mais la situation sanitaire en France ressemble à ces tilleuls devant mes fenêtres : encore prise dans un hiver trop long.

La sève monte cependant, même si nous ne la voyons pas, et sa poussée est irrésistible ! J’aime voir en cette providentielle coïncidence du printemps avec le mystère pascal, une symphonie mystique célébrant la victoire certaine de Celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Dans la tourmente de cette époque, tout voudrait nous convaincre que nous allons de catastrophe en catastrophe… Cependant, au cœur d’une éprouvante et spectaculaire situation, résonne la discrète et printanière symphonie de la Vie, le chant d’exultation de la nuit de Pâques. Exultation qui, loin de faire l’économie de la traversée, en est le couronnement final.

Oui, célébrer la Semaine Sainte, c’est entrer dans la trajectoire même de Jésus, l’accompagner pas à pas, rester avec lui… pour qu’il puisse lui-même nous établir là où il est, dans le cœur du Père : « Je veux que, là où je suis, vous soyez vous aussi ! » (Jn 14,3 et 17,24). Chacune de nos existences est destinée à la victoire pascale, et déjà, à chaque instant, Jésus nous tient dans son Éternité : « Nul ne saura vous arracher de ma main ! » (Jn 10,28). C’est cette intense communion, l’un dans l’autre, que Jésus vient sceller dans sa Pâque. Nous sommes pour toujours en lui.

Voilà pourquoi nous aimons partager avec vous ce magnifique texte de Florin, qui est la transcription d’une causerie donnée le Samedi de la dernière Semaine Sainte qu’il a célébrée à la Roche d’Or. Dans ce texte, Florin, reprenant le signe de la tunique sans couture dont le Christ est revêtu pendant sa Passion, nous dit, avec intensité et souffle, l’enjeu de notre vie : devenir nous aussi des êtres « sans couture », qui vivent divinement toutes choses. Avec la force chaleureuse de son expérience, il nous dit le travail de Marie afin de faire de nous ces êtres « sans couture », comme l’est la tunique de Jésus, comme elle est elle-même unie à son Fils et Seigneur, et comme il s’agit d’être uni à elle : il faut que nous « collions » à Marie « de telle manière que, véritablement, "sans couture", tout ce que Jésus souhaite descende en un chacun ». Ces paroles sauront nous équiper pour continuer la traversée et voir enfin éclore les bourgeons d’un nouveau printemps…

A chacun, je souhaite une très belle Semaine Sainte !

Olivier Sournia

 

La "tunique sans couture"...

Il restait "la tunique sans couture". Seul le grand prêtre avait le droit de porter une tunique sans couture, et seulement lorsqu'il entrait dans le "Saint des Saints". Et cette tunique sans couture était, en Israël, le signe de l'alliance de Dieu, sans couture, avec son peuple. 

La tunique sans couture, c'est Lui Jésus, c'est pourquoi on ne peut pas la partager. Pourquoi est-il, selon Saint Jean, la "tunique sans couture" ? (lire la suite...)

 

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