Pour nous encourager dans la traversée...

Publié le par Danièle Valès

Dimanche dernier, la liturgie nous proposait ce texte de la Genèse que nous avons coutume d’appeler « le sacrifice d’Abraham » et que nos frères juifs préfèrent présenter comme « la ligature d’Isaac ». Ceux d’entre vous qui ont suivi, aux Fontanilles, les retraites sur les Patriarches données par le Père Roger Robert, connaissent la bouleversante lecture qu’il en fait et la profonde « réhabilitation divine » qui s’est opérée dans de nombreux cœurs en l’écoutant.

C’est un de ses commentaires que nous vous proposons aujourd’hui. Il nous semble rejoindre la sourde et lancinante question qui s’infiltre dans la lassitude des temps que nous vivons, cette situation poliment appelée « crise sanitaire » ou « pandémie » qui s’installe, s’attarde comme un épais brouillard, masque nos horizons et tient en suspens tous nos « demains ».

Nous n’accueillons plus de retraitant depuis la fin octobre ! Il ne se passe pas une journée sans que nous apprenions le « passage » d’un retraitant, d’un proche. Quand Delphine nous partage que la Covid a emporté un de ses élèves de 18 ans et que Claire apprend la sortie de réanimation d’une amie de 35 ans, nous frémissons et mesurons davantage combien la vague n’épargne personne.

Mais nous sommes ensemble. Vos dons, votre soutien, et la suspension temporaire des remboursements par les banques, nous permettent de continuer et de demeurer au creux de la Grotte. Lutter pour rester dans cette confiance éperdue est notre engagement dans le combat qui se mène aujourd’hui particulièrement par les scientifiques, les économistes, les politiques… Chacun fait sa part, mais cet abandon, cette paix des cœurs, ce goût confiant pour ces espaces d’âme qui nous sont offerts au cœur de la tempête sont aussi essentiels que l’eau à la terre et l’air au vivant.

C’est pour nous encourager mutuellement dans cette traversée que nous aimons entendre avec vous Roger nous dire : « Le petit Isaac est celui qui se sent inconditionnellement aimé. Qu’est-ce qu’un fils ? Qu’est-ce qu’une fille ? Ce n’est pas seulement ceux à qui j’ai donné la vie, c'est ceux qui, dans leur visage, traduisent une confiance éperdue. C’est ce que dira Jésus : "Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous ne pourrez pas voir ce que vous appelez le Royaume de Dieu" ».

Merci à chacun de votre soutien sous toutes ses formes. Courage, le printemps approche…

Danièle Valès

 

Entre Abraham et Isaac, cette confiance éperdue qui vient du ciel.

Je vais vous parler de ce grand texte magnifique et qui, pourtant, a fait tellement de mal (Genèse 22,1...18).

Je me souviens, quand j’étais jeune, avoir lu des cours de spiritualité où l'on parlait d'un Dieu qui pouvait nous demander de faire le sacrifice des choses auxquelles nous tenions. "Regardez Abraham, il a pris son petit, son aimé, et il est parti pour l’offrir en sacrifice alors vous aussi, ce à quoi vous tenez le plus, si Dieu vous le demande, n’hésitez pas à le donner !" Et ce texte de la Genèse, je le trouvais alors à peu près normal, "puisque c’est Dieu qui le dit". Mais enfin, on est toujours en train de se demander : "Est-ce que je donne assez ? Est-ce que je ne suis pas avare ? Est-ce que je donne de mon temps ?" Si bien que la relation à Dieu révèle une culpabilité : on se reproche de ne pas en avoir fait assez, de ne pas avoir fait plus. Alors, ce texte de l’Ancien Testament a fait du mal, parce que c’est comme si Dieu était l’ennemi de notre bonheur. [Lire la suite...]

Publié dans Au fil des jours...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :